Autre ITWhttp://riddum.com/index.php?option=com_content&view=article&id=637:exclusif-riddum-cheick-kongo-qjai-construis-ma-carriere-patiemment-a-la-force-de-ma-determination-et-du-fruit-de-mon-acharnement-au-travailq&catid=50:ufc-news&Itemid=122
L'interview tant anticipée de Riddum avec Cheick Kongo est enfin disponible ! Cheick a eu la gentillesse de nous accorder quelques minutes de son temps précieux pour répondre à nos questions, et pour cela, nous lui lançons un grand merci. Nous devrions également très bientôt réaliser une interview-vidéo avec le poids lourd français mais aussi avec d'autres combattants de la Kongo Smashin’ Club, sur place, à Paris. En attendant, nous vous laissons apprécier les réponses de Cheick Kongo aux questions qui ont été constituées par nous, mais aussi par vous lecteurs :Tout d'abord Cheick, félicitations pour votre victoire contre Paul Buentello. Etes-vous satisfait de votre combat ?Merci. Satisfait, non, pas vraiment. Je n’étais pas en forme, je souffrais d’une saleté d'intoxication alimentaire, comme souvent lorsque je suis aux États-Unis d’ailleurs ; J'ai du mal avec la nourriture, c'est sans doute mon plus gros point faible. Ceci dit, ça reste une belle victoire, mais ce n’est pas ce que je voulais, j’ai fait avec les moyens du bord, disons que ça reste tout de même gratifiant.
Qui souhaiteriez-vous affronter pour votre prochain combat ?Très honnêtement, on me pose souvent cette question et la réponse ne varie pas : Peu m’importe. Je suis arrivé à un stade où de toute façon le niveau est très haut, je prends ce que l’on me propose, tous les combattants sont intéressants, je suis là pour faire mon travail et aller le plus loin possible.
Lors de la session de questions-réponses UFC du 23 mars dernier, Dana White a laissé la porte ouverte à un affrontement entre vous et Junior dos Santos. Que pensez-vous de Junior dos Santos en tant que combattant ?Il est dangereux, mais qui ne l’est pas dans ma division ? Il est jeune, frappe fort, il vient d’une bonne école, si je dois passer par lui pour aller là où je veux être, alors oui, sans aucune hésitation, je le combattrai.
Si vous deviez choisir entre une revanche contre Frank Mir ou Cain Velasquez, qui choisiriez-vous ? Et pourquoi ?« Plouf, plouf, ce sera à toi qui …» [Rires] Franchement, ça se joue à pile ou face. Je suis un sportif, un combattant, je fais mon travail avant toute chose. Peu m’importe mon adversaire, à ce niveau, je sais à qui j'ai à faire, aux meilleurs.
Vous n'aviez eu que deux semaines à vous préparer pour Cain Velasquez et vous aviez connu quelques problèmes lors de votre camp d'entraînement (au niveau du genou). Avec une meilleure préparation, comment pensez-vous qu'une deuxième rencontre contre Velasquez se déroulerait ?Effectivement, je n’ai eu que deux semaines de préparation, alors que je sortais de mon combat contre Hardonk, j’ai eu à peine le temps de récupérer qu’il a fallu repartir au charbon, et mes genoux m’ont donné du fil à retordre. Avec plus de temps, je crois qu’un re-match se passerait plus rapidement et en ma faveur ! Et si ça devait aller jusqu'aux points, j'inverserais clairement les rôles. Qu’il prenne autant que j’ai reçu
Qui de Shane Carwin, Cain Velasquez ou de Junior dos Santos mérite le plus le combat pour le titre contre Brock Lesnar selon vous ? Et pourquoi ?A mon sens, c’est Velasquez : il a rencontré de bons gabarits dans sa discipline de prédilection, c’est lui qui comptabilise le plus de combats et de victoires à l’UFC. Ensuite, Dos Santos. Carwin, sans remettre en question ses qualités, est d’un point de vue marketing peut être plus vendeur, mais pour moi c’est Cain qui mérite le plus des trois cités.
Qu'avez-vous pensé de la rencontre entre Mir et Carwin ?Beau combat, Carwin lui a appris quelques bonnes manières. Espérons que ça lui serve.
Que pensez-vous de l'évolution de votre catégorie de poids, à savoir une catégorie dominée par des lutteurs-boxeurs (Lesnar, Velasquez, Carwin etc...) et comment vous adaptez-vous à cela ?Je fais du tricot, voyons ! L’adaptation, c’est l’entraînement. Pour moi, il n'y a pas d'évolution, c'est plus une question de stratégie. Ils ont eu une très bonne préparation et sans doute de meilleurs gameplans.
Comment avez-vous découvert le combat libre et qu'est-ce qui vous a amené sur cette voie ?J’ai surtout découvert que j’en faisais sans mettre de nom dessus. Tout jeune, avec les potes, on s’affrontait gentiment, à celui qui arriverait à faire tomber l’autre, à celui qui mettrait le plus de coups, on confrontait notre force, notre habileté. J’ai très tôt pratiqué du Judo, puis de la Lutte, du Kick, de la Muay Thaï et bien d'autres activités dont je me servais dans nos petites bagarres ; j’y ai pris goût, voilà tout. La passion, l'entraînement, la persévérance et les opportunités que la vie parfois vous offre ont fait que je sois à l’UFC aujourd'hui. Tout simplement.
Quels challenges avez-vous rencontré dans votre transition entre boxe thaï dans un ring et boxe thaï dans une cage de MMA ?Aucun pour ma part. Une cage ou un ring, c'est la même chose, tu ne peux pas fuir… Il faut que nos combattants en herbe réfléchissent bien avant de vouloir en faire leur métier. Voir une cage et y être enfermé le temps d’un combat, c’est très différent.
Beaucoup de fans sont curieux par rapport à votre formation en lutte gréco-romaine. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur celle-ci ?Je traîne des blessures récurrentes, quelques traumatismes, et même si je n’aime pas en parler, elles ne disparaissent pas pour autant, donc moins je les réveille, mieux c'est, et le sol, ça les titille beaucoup. Pour tout dire, j’en ai un peu marre d’entendre la même chose à ce sujet. C’est pourtant une question de bon sens : Comment le boxeur thaï que je suis, fait pour subsister à l’UFC depuis presque 3 ans avec des lutteurs et autres spécialistes du sol s’il n’a pas de background suffisant ? J’invite quiconque de mes détracteurs à prendre ma place dans l’octogone et essayer, rien qu’une fois. On en reparlera ensuite, s’il peut encore ouvrir la bouche.
Quelle est votre technique de pieds-poings préférée ?
« T'as goûté, tu digères, tu tombes», les connaisseurs apprécieront :)
Quelle est votre technique de grappling préférée ?Comme ça fait un moment que je ne les utilise pas, à quoi bon de les citer ? Je laisse les gens sceptiques méditer sur ma nullité à placer une clé ou finir un combat par une soumission. [Rires] Ceci étant dit, même si cela coule de source, je précise à toute fin utile que je continue à m’entraîner dans ce domaine, comme dans tous les autres.
Combien pesez-vous en dehors de vos combats (entre deux camps d'entraînement) ?Je ne bouge pas, à deux ou trois kilos près, je fais pratiquement toujours le même poids.
Quel est le poids maximal que vous arrivez-vous à soulever en développé-couché, et cela pour combien de fois ?Alors, ça va peut-être en étonner plus d’un, mais je ne fais jamais de développé-couché. Mettez-vous aux pompes, les gars !
Pourquoi l'UFC n'a toujours pas organisé d'évènement en France selon vous ?Posez-leur la question ! J’en suis juste un salarié. Et tant qu'on y est demandez-vous pourquoi les organisations internationales rechignent à prendre des boxeurs français que ce soit en Muay Thaï ou en MMA ? C’est bien beau de toujours se plaindre que les choses n’évoluent pas chez nous, mais il faudrait aussi qu’on pense à changer notre mentalité et qu’on s’adapte au milieu.
Comment voyez-vous le combat libre évoluer dans l'hexagone dans les quelques prochaines années ?S'il est bien encadré, ça sera une très belle chose, nous avons des jeunes espoirs au sein des clubs français qui pourraient briller dans la discipline, faire une carrière tout à fait respectable et en être les fiers représentants. Mais dans le cas contraire, ça deviendra un gros business à l’américaine et le sport, ses valeurs, ainsi que les athlètes en pâtiront.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune combattant français qui voudrait évoluer dans l'UFC un jour ?Qu'il commence à redescendre sur terre et réfléchisse aux raisons réelles d’un tel engagement. Qu'il prenne son temps, il découvre à peine la discipline, le niveau est très haut. C'est énormément de sacrifice, il faut un bagage technique assez complet et stabilisé, sans parler de la pression et du stress qu’il faut apprendre à gérer et un bon staff, un encadrement professionnel. Tout ça ne s'acquière pas en un battement de cils. Quand tu débutes et que tu te retrouves sous le feu de la rampe d’une grosse organisation, tout est différent et là tu réalises que tu rentres dans la cage aux lions et qu’il va t’être impossible d’en sortir indemne... Et tu fais comment ? Tu pries pour que ça s’arrête vite et que tu prennes le moins de coups possible, parce que c'est plus dur que ce que tu t'imaginais ?! La réalité est là. Il faut avoir du tempérament, du caractère et de l’endurance. Y a pas de frime dans une cage. Le MMA, c’est le nouveau truc à la mode, tout le monde veut en être, les salles regorgent de Wanderlei, Rampage, et de Fedor "wannabes", seulement, il y a beaucoup de prétendants et peu d’élus. Sans compter, qu’il y a des risques inhérents à ce genre de carrière. Nombreux sont ceux qui arrêtent sur un combat. Voilà pourquoi j'insiste aussi sur l’encadrement : Il faut protéger l’intégrité physique du combattant au maximum, respecter les délais médicaux entre deux combats, avec un bon suivi et des coaches qui soient aussi à l’écoute de leurs poulains. Le MMA, c’est tout un ensemble. Je côtoie ça depuis tout petit, le judo et la lutte, ensuite le pieds-poings, puis l’expérience du terrain avec de nombreux galas, tournois, combats. Aujourd’hui, où que j’aille, je sais où je mets les pieds. J'ai construis ma carrière patiemment, à la force de ma détermination et du fruit de mon acharnement au travail. Voilà ce qu'il faut retenir.
Qui est votre idole dans les sports de combat, celui qui vous a inspiré le plus ?Je ne suis pas et n’ai jamais été fan. En revanche, ceux qui ont toujours été ma force et mon inspiration, ce sont mes meilleurs amis, mes petits frères, mes ainés, je leur dois ce que je suis aujourd'hui. C’est à eux que je dis merci. Ils se reconnaîtront.
Quel est votre pronostic pour Rampage/Evans ?La question qui fâche, vous me cherchez, c’est ça ? Rampage, c’est Barracuda, il n’aime pas l'avion mais dès qu'il colle son poing sur quelqu'un, vous pouvez être certain qu’il va le faire décoller. [Rires] Autre question ?
Selon vous, qui est actuellement le meilleur poids lourd toutes organisations confondues ? Et pourquoi ?Fedor. Sans doute parce qu’il gère excellemment bien sa carrière.
Beaucoup de fans français ont mentionné votre altercation avec Patrice Quarteron. Ils aimeraient savoir où ça en est, et si vous souhaiteriez toujours combattre un jour ?Quarteron. Il a fait sa pub sur mon dos, quoi qu'il en soit, sachez que je n'aurais aucune gloire à frapper un sac qui ne rendrait pas les coups. [Rires] Le combat n’est plus à l’ordre du jour, il a eu son opportunité, il n’a pas voulu la saisir, qu’on ne me parle plus de lui.
Riddum.com tient à vous remercier infiniment pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. On espère vous rencontrer bientôt en France, dans votre club à Colombes.C’est avec grand plaisir que je vous accueillerais au Kongo Smashin’ Club ! Je tiens à vous remercier Riddum, ainsi que mes sponsors Tapout, Hugo Boss et Wheramfrom, ma famille et mes proches, ma team Wolfslair, mes amis et fans à Vancouver, le club Suitela, le magazine Monte-Cristo, tout le Canada au travers de votre site et tous ceux qui me soutiennent depuis le début et HB City, Yeaaaah Baby !