Voici les films qui m'ont le plus marqué de cette année, dans l'ordre, et en prenant en compte que je n'ai bien évidemment pas pu tout voir.
Je ne dis pas que ce sont les meilleurs, je dis que ce sont ceux que j'ai préféré, qui m'ont parlé.
Histoire que personne ne vienne dire "Quoi ! T'as mis ça gnagna..."

Bref :
DIRECT TO VIDEO:01 - THE REEF 02 - INSANE
03 - BLOOD ISLAND (Bedevilled)
04 - TRIANGLE
CINEMA:
01 - DRIVE
02 - THE MURDERER
03 - J'AI RENCONTRE LE DIABLE
04 - MELANCHOLIA
05 - INSIDIOUS06 - BLACK SWAN
07 - INTOUCHABLES
08 - LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES
09 - POLISSE
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Les mentions bien:
DTV :
- Slice
CINEMA:
- Kung Fu Panda 2
- Scream 4
- World Invasion
- Minuit à Paris
- Tree of Life
- Xmen: le commencement
- Tintin
- The Thing 2011
- Mission Impossible 4
- L'ordre et la morale
- Or noir
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Je reviens plus en détails sur ce qui constitue pour moi le haut du panier 2011:
// ATTENTION AUX SPOILERS //
DRIVEQuel film. Totalement hypnotisant.
Rarement on a droit a des films aussi épurés, dans une ambiance tant contemplative que délétère.
Le personnage principal, sans nom, est l'un des plus fascinant que j'ai jamais vu au cinéma.
Il parle peu, observe, voit ce qui colle avec ses valeurs, ou pas.
Il n'est pas loin de l'autisme et fait des choses dangereuses (cascadeur, conducteur de voiture pour cambrioleurs) comme pour trouver une adrénaline qui donnerait un sens à sa vie, mais n'y parvient pas vraiment. Jusqu'à ce qu'il rencontre cette jeune femme et son fils. Il commence à les aimer très fort, jusqu'à ce que le mari sorte de taule.
Ici, pas de stéréotype : l'ex-taulard n'est pas une merde mais un homme qui décide de faire sa rédemption... Chose qui lui sera impossible à cause de malfrats qui feront déclencher un instinct de protection sans limite chez le "Driver".
Le film montre ce qu'est un vrai bonhomme, et c'est pas de penser à niquer virilement la voisine. C'est pas être musclé comme Vin Diesel dans
FAST AND FURIOUS et jouer aux durs à cuire qui bande les biceps et ne ressent pas le doute ni la peur. Être un vrai bonhomme, c'est faire passer ses valeurs (tant est qu'on soit quand même pas quelqu'un de parfait) avant toute chose.
L'ambiance, la bande-son, le jeu des acteurs, les partis-pris de mise en scène (cette espèce d'arrêt sur image dans le cabaret), le côté jusqu'au boutiste du héros... Rien n'est à jeter.
En ce qui me concerne je me sentais bien seul à aimer autant
VALHALLA RISING (du même réalisateur), alors quand j'ai vu pour la première fois
DRIVE dans une salle peu remplie à Paris je me suis dis "Quel dommage, encore un grand "petit" film que peu de gens verront", sauf que non; le film s'est propagé, les gens adorent en majorité et le bouche à oreille est très positif. C'est mérité !
Nicolas Winding Refn.
S'il continue comme ça, dans 10 ans le gaillard sera à la tête d'une filmo tout simplement culte.
Trailer VO
http://www.youtube.com/watch?v=t_xKXmlI3BQ
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THE MURDERER (NA Hong-Jin - 2010)
Le nouveau film du réalisateur extrêmement doué de
THE CHASER, puissant choc cinématographique de 2009.
Un looser de Yanji, ville chinoise coincée entre la Corée du Nord et la Russie, finit par accepter de devenir tueur à gages le temps de faire disparaître un homme important en Corée. Cet looser, Gu-Nam, est un «Joseon-Jok», un Coréen pour les Chinois et un Chinois pour les Coréens.Par où commencer...
Encore une fois, NA Hong-Jin envoi du très lourd, ne faisant aucune concession, ne nous permettant jamais ne serait-ce que de deviner un peu ce qui va se passer dans les 15 prochaines minutes.
Passionnante, l'histoire suit la règle de la spirale d'ennuis dans laquelle sombre rapidement le héros Gu-Nam (incarné de main de maître par HA Jeong-Woo, , rien que dans l'aspect "crêve-la-dalle" du perso, qui fait mal au coeur), un mec à côté de ses pompes.
De ses repérages à la scène de crime, en passant par les premières courses-poursuites et les nombreux affrontements à mains nues et à l'arme blanche, l'homme est toujours ultra-crédible, impeccable.
Des courses-poursuites, il y en a un paquet dans
THE MURDERER et franchement parmi les plus brutales et spectaculaires que personnellement j'ai pu voir durant ces dernières années.
Notamment la première fuite du héros pris dans un guet-apens, qui parvient à regagner une grande avenue avec à ses trousses des policiers le coursant à toute blinde et des voitures de fonction lancé à grande vitesse en pleine rue.
Les bagnoles de flics bombardent jusqu'à en défoncer des voitures de citoyens sur leur passage, avant de renverser leur propres hommes à pieds et surtout de provoquer un énorme carambolage plein de bruit et de fureur !
Epoustouflant.
Dans pas mal de blockbusters US, on kifferait mais on aurait dans un coin de notre tête "C'est un peu trop gros là, ces incompétents de flics...", mais pas ici.
Déjà la réputation de la police nationale dans les films Coréen n'est plus à faire, et c'est presque un
gimmick et quasiment un plaisir de voir comment ils vont être cette nouvelle fois ridiculisés (même si on garde de l'empathie pour eux).
Ici ça va du policier laissant s'échapper on ne peut plus bêtement le suspect, au flic ratant sa cible et tuant son collègue, jusqu'aux moindres détails comme ce maître-chien se vautrant lamentablement en pleine cacophonie, tiré trop fort par son chien tenu en laisse...
Dans ce film comme dans la majorité des autres de la nouvelle vague Coréenne, l'humour est bien présent sans être envahissant, en demie-teinte et surtout subtile, ce qui permet de désamorcer régulièrement un poil toute la tension continue de
THE MURDERER.
Rien que le personnage très spécial joué par Yun-seok Kim met une dose d'humour en plein coeur de scènes d'une grande violence. Ce malfrat ne sort pas sans sa hachette, il en use et en abuse, ainsi que d'un os de porc et autres couteaux... Les confrontations sont comme dit plus haut vraiment crues et sans pitié.
A la Coréenne ! J'aime personnellement beaucoup le fait que dans ce cinéma les armes à feu soient rares, les affrontements en deviennent bien plus minéraux, les personnages finissant couverts de sang, collés les uns contre les autres, exténués, bien plus conscients du mal qu'ils font que prenant la pose derrière un flingue à 10 mètres de leur victime.

Parallèlement à l'intrigue principale qui concerne la mise à mort de la cible de Gu-Nam, une autre intrigue fait rapidement son apparition, au sujet de sa femme qui l'aurait quittée insidieusement pour vivre en Corée et se recaser, sans lui avouer vraiment.
Le héros se met donc très vite dans la mouise pour avoir des nouvelles de sa femme, même s'il la hait à présent, dans des séquences là-encore très maîtrisées niveau suspens.
Gu-Nam rêve de sa femme seulement par le biais de souvenirs sexuels en premier lieu... Puis via des remémorations bien plus simples et saines, lorsqu'il qu'un événement bien précis se produit.
Pour
THE MURDERER, plusieurs mots-clés: incompétence, incompréhension, barbarie, femme, identité, course-poursuite, nihilisme. Et hachette, donc.
J'en ai pris plein les yeux, plein les oreilles (le son est simplement atomisant), plein le cerveau.
Je n'arrête pas de le dire, mais je m'en fous : chapeau, chapeau très bas à messieurs les Coréens, et chapeau à Na Hong-Jin qui signe pour son deuxième (!) film tout bonnement une bombe, une sorte de nouveau mètre-étalon dans le domaine du cinéma d'action et du polar tous pays confondus.
Ce qui n'est pas rien.
Entre ça et
J'AI RENCONTRÉ LE DIABLE... La vache, les mecs envoient du super lourd au pays du Matin Calme.
Trailer VOST:http://www.youtube.com/watch?v=FgppMLe_zYk
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J'AI RENCONTRE LE DIABLE ( de Kim Jee-woon / 2011)
Un film sur la vengeance dont la scène d'ouverture donne directement le ton. Ca sera sans concession, sérieux mais parfois un peu décalé, sans pitié et traitera à fond de son sujet en respectant l'intelligence du spectateur.
On aurait envie de dire : ce sera Coréen.
Comment ne pas valider tout cette nouvelle vague de cinéma en provenance de Corée qui nous envoie régulièrement du très lourd dans les gencives?
Que ce soit
THE CHASER, MEMORIES OF MURDER ou encore
THE HOST, les films sont originaux et interdisent toute possibilité d'en deviner la fin, de plus enrobés avec un savoir-faire à faire pâlir les plus grands réalisateurs contemporains américains.
Ici, un agent des Renseignements Généraux voit sa petite amie se faire massacrer par le tueur en série excerçant dans les parages.
Détruit, l'agent décide de faire sa propre justice et de faire payer le centuple au tueur qu'il ne manquera pas de traquer, le tabassant et le relâchant à plusieurs reprises afin de le rendre fou et paranoïaque !

J'ai rarement vu un film traitant de la thématique de la vengeance aussi intelligemment. Bien sûr, un film comme
MAD MAX est toujours une référence, mais le film de Kim Jee-woon (qui a déjà le puissant
A BETERSWEET LIFE à son palmarès) se posera sans soucis avec le temps à ses côtés, tant l'aspect psychologique des personnages est finement et crédiblemment brossé.
Impossible de ne pas céder au chant des syrènes, on suit le héros dans sa quête aussi hardcore que vengeresse, l'appuyant de moins en moins dans ce qu'il fait, tout en nous demandant où tout ça va mener.
De "jouissif", le film passe à une atmosphère plus sombre, opaque, oppressante, où les gens se détruisent petit à petit physiquement mais surtout psychologiquement.
Pourtant, tout est déjà dans le titre; le Diable n'est pas une petite frappe parmi d'autres, le côtoyer même pour le détruire laisse des séquelles qui ne disparaissent pas.

C'est du cinéma très fort, très puissant, devant lequel on se sent donc respecté en tant qu'individu qui est capable de réfléchir par lui-même.
Ca fait penser à du William Friedkin (FRENCH CONNECTION, POLICE FEDERALE L.A, LE CONVOI DE LA PEUR…)de haute volée.
Pour ma part, je ne peux pas faire de plus grand compliment que ça étant donné que le bonhomme est mon réalisateur préféré.
Teaser:http://www.youtube.com/watch?v=iNhsMrWt2m0
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MELANCHOLIA (De Lars Von Trier, 2011)
Je n'avais jamais vu un seul film de Lars Von Trier (si ce n'est quelques épisodes de
L'hôpital et ses fantômes) malgré le fait que j'ai depuis pas mal de temps un coffret DVD contenant
EUROPA, ELEMENT OF CRIME et
EPIDEMIC.
Quoiqu'il en soit le trailer de
MELANCHOLIA m'avait décidé à franchir le pas, en féru de films apocalyptiques que je suis, et je dois dire que je m'en suis mordu les doigts durant la majorité de la première partie de ce film.
Durant celle-ci, Justine, interprétée de manière très impressionnante par Kirsten Dunst est une femme issue d'une famille aisée en passe de se marier avec un homme qui est fou amoureux d'elle. Son patron lui offre une grosse promotion, sa famille est réunie, même sa mère assez particulière divorcée de son bouffon de père, lui aussi présent. Sa soeur Claire qui est aux petits soins avec elle a organisée toute la soirée, avec son mari joué par Kiefer Sutherland.
Tout devrait être un véritable rêve donc... Si ce n'est que Justine est fortement dépressive.
Elle a des hauts et des bas très bas, la forçant à s'éloigner de la fête et à foutre son mariage en l'air, après avoir tout fait pour que son mari la quitte, ce qu'il se passe, et que son patron la vire.
La maladie de la dépression et l'auto-destruction qu'elle engendre, en plus de dispenser le malheur sur les proches.

Postulat intéressant donc, mais trop étendu sur plus d'une heure, alors que le propos est bien compris déjà au bout de 20 minutes.
Vraiment difficile de rester concentré face à ce spectacle de redite continuelle, finissant par nous faire détester Justine lorsque par exemple celle-ci trompe son mari avec le premier venu dans le jardin en parallèle de la réception (!) alors qu'elle venait de fuir son mari qui voulait lui faire l'amour dans la chambre nuptiale...
A la fin de cette 1ere partie, Justine est une véritable loque, soumise à la dépression, incapable de faire quoi que ce soit si ce n'est avec l'aide de sa soeur, sous le regard fatigué du mari de celle-ci.
Mais heureusement la deuxième allait me donner la raison de mon déplacement en salle.
Ce segment est orienté sur Claire, la soeur de Justine jouée impeccablement bien par Charlotte Gainsbourg. Celle-ci est tout le contraire de sa soeur; elle a une vie de famille, a un petit garçon, est dépendante de son mari qu'il l'aime et qu'elle aime, et cherche du réconfort concernant cette histoire d'exo-planète nommée "Mélancholia" qui n'est censée qu'effleurer la Terre... Alors que certains disent qu'elle va la percuter de plein pot.
Image à laquelle on a eu droit dans la scène d'ouverture (ce qui donnait plus d'intérêt à la première partie puisqu'on était quasiment certain que les personnages qu'on voyait comptaient leurs dernières heures sans le savoir).
La mari de Claire, féru d'astronomie, renseigne et rassure sa femme sur Mélancholia, lui montrant la planète au télescope, et à travers un ingénieux jouet inventé par leur fils, un bâton qu'on colle à sa poitrine au bout duquel se trouve un fil de fer qu'on ajuste selon la circonférence de la planète. Si l'on regarde 5 minutes après, on voit si la planète s'est rapprochée de la Terre (elle est plus grosse que le cercle) ou si elle s'est éloignée (plus petite que le cercle).
Et effectivement, Mélancholia s'éloigne. C'est le seul attribut scientifique dont le film se pare, le château dans lequel se trouve la famille étant coupé de tout: pas de téléphone, pas de TV, juste des petits passages sur internet...
Tout ceci permet d'esseuler plus encore ces quelques personnes, de ramener l'humain à l'échelle de cette très inquiétante situation.
Durant tout ce passage, Justine semble étrangement revivre. Elle s'alimente et se lave à nouveau toute seule, retrouve la parole et le sourire.

A partir de là, tout va virer vers le cauchemar. Un cauchemar tragique, dépressif, pas fun pour un sou.
Car Mélancholia revient plein pot vers la Terre et va donc la détruire. On va assister aux dernières heures de vie de Claire et son petit garçon, car le mari s'est suicidé en se rendant compte de ça. On perd au passage le seul protagoniste clairement optimiste et rassurant, et d'une manière ça détruit tout ce qu'il représentait de confiance en soi en amont du film...
Justine est pour la première fois du film confiante, sûr d'elle, sereine, rembarrant sa soeur en pleurs lorsque celle-ci essaye de trouver une idée pour finir leur vies dignement.
Elle termine d'alourdir la situation en disant à sa soeur qu'elle sent bien qu'il n'y a pas de vie autre que celle sur Terre, et que de toute manière on ne manquera à personne.
Justine apparaît comme retrouver sa forme car elle sait enfin de quoi demain sera fait pour elle : de rien, comme pour le reste des gens.
Justine reprend ensuite le rôle maternel perdu involontairement par une Claire choquée, en construisant la petite tente à son neveux, celle-là même qu'elle n'avait jamais eu la force de faire à cause de son état dépressif.
Ils s'assoient finalement tous les trois alors que de l'électricité statique court sur les poteaux environnants, Justine est détendue, conseillant au petit garçon ne comprenant pas ce qui se passe de fermer les yeux, et Claire est traumatisée, hésitant encore à partir vainement en courant.
Quelques instants après, ils se font balayer par une onde d'énergie et de feu émanant de la percussion des deux planètes.
Générique.

Je pense que beaucoup de personnes vont se servir de la lenteur rébarbative de la première partie pour se cacher, se préserver de la violence du film.
Mais je suis pour ma part honnête: la pilule a du mal à passer.
Je parle du propos, très lourd, très dépressif, que j'ai pris en pleine face sans pouvoir rien y faire. J'ai pris très cher, le plein tarif.
Von Trier a tout fait pour qu'on ait le moral à zéro au sortir du film, globalement car plus de vie sur Terre ni nulle part ailleurs si l'on en croit Justine.
Mais aussi en détails : repensez par exemple à l'ex-mari de Justine qui a du mourir comme une merde après avoir souffert le martyr de s'être fait larguer par la femme qu'il aimait malgré son trouble mental (lorsqu'ils se séparent à la fin de la nuit, il ne lui en veut même pas).
Quant à Justine, la voir se sentir très bien à l'inverse de tout le monde, comme si elle avait trouvé sa place dans cette macabre situation qui va faire cesser son calvaire d'être malade vu qu'elle n'aurait pas à se suicider, termine de faire broyer du noir.
Donc malgré une première partie qui m'a honnêtement donné envie de sortir de la salle, ce qui me reste et me hante de ce film est la force de l'ambiance et du propos de ce
MELANCHOLIA.
Je pense que ce film va me rester très longtemps en mémoire.
Et ça m'a forcément envie de découvrir les autres films de Von Trier... Même si je saurai qu'il faut les regarder quand on a le moral au beau fixe, et surtout pas l'inverse !
Trailer:http://www.youtube.com/watch?v=rAIwwpDj_qA
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INSIDIOUS (de James WAN, 2011)
James Wan est un jeune réalisateur auteur de 4 films :
SAW, DEAD SILENCE, DEATH SENTENCE et cette année INSIDIOUS donc.
Non seulement animé d'une passion qui transparaît dans chacune de ses oeuvres, Wan se permet aussi à chaque de se réapproprier le genre qu'il traite ou de le transcender.
Ainsi son 1er film, SAW, fera tellement de bruit mondialement qu'il lancera (malgré lui) une nouvelle vague de films accès sur la souffrance, films qui n'auront pas bien saisi que l'essence de SAW était de parler de la préciosité de la vie, tout en jouant malicieusement sur la fatalité et les destins scellés de gens encrés dans leur propre routine.
A noter que Wan co-écrira le scénario de
SAW 3, pour ma part une des plus intelligentes réflexion sur la vengeance que j'ai pu voir au cinéma ces dernières années.
Dans
DEAD SILENCE, Wan part sur les routes de ses films fantastiques fétiches; ceux des années 60. Épurant ses personnages et son récit, il raconte une histoire aussi simple qu'efficace avec cette ventriloque arrachant la langue de ses victimes dès qu'elles se mettent à crier, afin de les agglutiner les unes aux autres dans sa bouche, ce qui lui permet accessoirement d'en prendre la voix. L'ambiance et la lumière, très soignées, ainsi qu'un retournement de situation très vicieux et un décor final tout simplement magnifique terminent de faire de ce second film là-aussi une référence sincère.
Pour
DEATH SENTENCE, Wan se lance dans le vigilante-movie. Celui où le héros voit sa femme/sa famille/ses amis se faire tuer et part en quête vengeresse. Mad Max et Franck "Punisher" Castle sont 2 des vigilante plus connus du cinéma et de la BD.
Wan va là encore au bout des choses, montrant les familles du héros et du bad-guy, et des gros dégâts que la vengeance infligent dans une vie, entérinant le film dans la fatalité la plus sombre: une fois que le mal est fait, rien ne peut plus être réparé et même pire, tout ne peut que se détériorer toujours plus.
Dans ce film passionnant, Wan multiplie comme à son habitude les partis-pris de mise en scène aussi impressionnants que liés à ce qui se passe ; voir ce plan-séquence de 7 minutes(!) suivant le héros poursuivis par des délinquants, passant de la rue à un parking aérien.
Alors sur quoi allait on retrouver le jeune cinéaste pour sa 4ème sortie?
Tout simplement un film fantastique à l'ancienne, comme ce qu'il avait si bien fait pour
DEAD SILENCE.
Un des films ayant le plus marqué Wan a été
POLTERGEIST, il décide de rendre hommage au film de Tobe Hooper en reprenant le thème de la maison hantée, avec son
INSIDIOUS.
Mais comme dit plus haut, Wan (et son fidèle comparse Leigh Whannell qui écrit tous ses scénarios) n'enclenchent jamais un projet s'ils ne sont pas certains d'y apporter une touche personnelle, quelque chose de nouveau.
Ici le thème de la maison hantée va finalement changer finement. Pourquoi des esprits se contenteraient-ils d'hanter une maison s'ils ont trouver leur proie?
Dans
INSIDIOUS, ce sont les personnages qui sont hantés, pas les maisons. Wan et Whannell rajoutent donc la théorie des univers parallèles, du corps astral, des sommeils profonds et légers. Tout est une fois de plus mis en place pour solidifier l'intrigue et proposer un tour de montagne russe au spectateur.
Mélangeant ambiance oppressante (l'univers parallèle), trouille allongée sur plusieurs minutes (l'alarme, le "marcheur") ou les coups de flippe momentanés (rien que le plan final), tous les types de peur sont utilisés efficacement tout le long du film.
Pur plaisir de cinéma,
INSIDIOUS est une franche réussite. La 4e de Wan, donc.
Trailer:
http://www.youtube.com/watch?v=yqjNusG1M4o
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THE REEF(Andrew Trauki , 2010)
THE REEF est un film qui m'a fait mal au bide, ça m'a tenu à la gorge du début à la fin. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu une telle intelligence de mise en scène, mêlée à des prestations d'acteurs parfaites.
Tiré d'une histoire vraie (les malheureux...),
THE REEF raconte l'histoire de 5 personnes dont le bateau heurte un récif en pleine mer au large de l'Australie. Le bateau est voué à couler tôt ou tard et le groupe se divise bientôt en 2 : ceux qui veulent rester en attendant d'hypothétiques secours, et d'autres souhaitant partir à la nage pour regagner une île située à des kilomètres. Ces derniers sont fortement mis en garde par l'un d'eux qui sait parfaitement ce qu'il y a dans la mer à cet endroit.
Des grands requins blancs.
Appuyant sur le fait que rester sur un bateau qui va bientôt sombrer ne change pas grand chose, le groupe de nageurs part, et c'est avec lui qu'on va rester jusqu'à la fin du métrage.
Le tout filmé au premier degré, sans once de divertissement ou d'aventure. Les "héros" sont ici des monsieur-tout-le-monde, et ne bombent pas le torse avec un fusil à pompe en shootant des requins en carton-pâte.
Dès la première fois où on a un plan sous-marin, la tension monte crescendo jusqu'à l'ultime plan du film, le réalisateur s'amusant à nous mettre la pression avec des petits détails (les poissons, puis un petit squale "inoffensif" passant par là), jouant sur le fait que comme nous, les personnages ne savent absolument pas à quoi s'attendre.

Le cadavre de la tortue, vision d'horreur, finit de crisper avant la "tant attendue" première apparition du requin. Requin bien réel, filmé à part et incorporé judicieusement dans des moments-clés du métrage, donnant vraiment l'impression que squale et humains sont dans le même plan !
Insoutenable.
LE moment de terreur récurent du film est quand l'un des héros, équipé d'un masque de plongée, met sa tête sous l'eau, vérifiant au début qu'ils sont bien seuls dans l'eau, puis plus tard pour regarder par où le requin va attaquer.
Le montage ne nous dévoile le requin seulement à l'instant où le personnage le voit, et pas avant. On a aucune longueur d'avance sur les personnages, c'est ce qu'on appelle une immersion totale.
D'autant plus qu'on sait parfaitement que ce n'est pas parce que le héros va voir le requin grâce à son masque qu'il va pouvoir s'en sortir, ça ne changera rien...
Une qualité, un soin de tous les instants, une oppression comme rarement ressentis auparavant, en ce qui me concerne.
On ressent ce que vivent les personnages : être de la bidoche vivante sur le territoire d'une machine parfaitement implacable, agissant par instinct de survie et non par méchanceté, juste pour se nourrir. Il a faim. Il va manger. Et il n'y a rien à proposer pour se défendre.
THE REEF, c'est clairement une tension de tous les instants, le mélange images vraies de requin blanc / réactions au cordeau des acteurs marchant parfaitement.
On flippe, on a le coeur qui bat, on prend cher.

Je ne comprends vraiment pas que ce film n'ait pas été projeté en salle cet été au lieu de sortir directement en vidéo. Il aurait cartonné.
Au passage, magnifique thème musical de fin.
Le making of, assez intéressant, montre les coulisses de ce tournage harassant où tout le monde était dans l'eau 8h par jour pendant des semaines.
Il est à noter que la photographie du film est magnifique.
Y'a pas à dire; lorsque les Australiens livrent des films de genre (
MAD MAX, RAZORBACK, BLACK WATER, LA DERNIERE VAGUE...), on en prend plein la gueule.
Le film de crocodile
BLACK WATER d'ailleurs, du même réalisateur, était déjà d'une maîtrise assez incroyable.
THE REEF est quelque part logiquement là aussi une très grande réussite, et son côté temps réel / crudité / réalisme le fait même passer devant
LES DENTS DE LA MER dans le registre "films de requin", pour moi.
De quoi faire de bien vilains cauchemars !
Trailer:http://www.youtube.com/watch?v=KcZp6UQySHc
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Voilà, ce sont les 5 films m'ayant le + secoué et marqué au cinéma cette année. Le reste de ma liste vaut aussi le détour, ainsi que les mentions bien.
Mais ceux-ci sortent clairement du lot pour moi, et me resteront très longtemps.
2011, ça a été une super année niveau cinoche. Rien à voir avec 2010 qui m'avait clairement déçu, sortie de quelques exceptions de poids (
TOY STORY 3 en tête).