PARTIE 2Donc pourquoi beaucoup n’ont pas vu en toi un combattant avec un futur brillant ?- Je n’étais pas vraiment transcendant. Les entraîneurs recherchent avant tout un talent. Ils regardent combien de combats un garçon a gagné. Ils ne jurent que par ces combattants, qui produisent des résultats, même chez les plus jeunes.
Tu n’étais pas ce type de combattant ?- J’avais plus de défaites que de victoires. Ca a changé après beaucoup d’années d’entraînement. Je suis devenu quelqu’un de nouveau après l’armée. L’armée a fait de moi un homme. J’ai vraiment gagné une importante force physique là-bas. Et ensuite les victoires sont venues. Je suis entré dans l’équipe Russe, en judo comme en sambo.
Tu as servi dans une unité de pompier ?- J’ai passé une année dans une unité de pompiers, puis j’ai été affecté à une division de tank. En fait, c’est là que j’ai du utilisé ma force physique en dehors du ring.
Tes collègues soldats ne t’aimaient pas ?- Je suis arrivé en Mars, juste pour la "relève". Ceux qui étaient là avant moi voulaient montrer qui étaient le chef dans la place, essayaient de soumettre tout le monde. J’ai du faire parler les poings.
Une fois ?- Non, plusieurs fois. Mais le respect m’est rapidement venu, du moins de ceux qui vivaient avec moi.
As-tu déjà du utiliser tes poings dans les bars ?- Non. J’espère que je ne serais jamais dans ces circonstances. Je ne les cherche pas. Je m’assied quelques part dans un coin, de ce fait je n’ai jamais d’embrouilles.
Ton premier combat MMA étaient, contre Levan Lobelav, a été enregistré ? - Il existe quelque part. Je l’ai vu il y a longtemps. Quand je regarde mes anciens combats, je vois à quel point j’ai évolué. Les erreurs sont si apparentes. Mais vous pouvez voir dans ces combats que je prenais la bonne direction.
Tu te rappelles d’un moment d’intense douleur physique dans ta vie ?- Probablement quand j’étais enfant. Cependant, il y a quelques années, j’ai été sonné – sensation très désagréable. C’était mon premier combat en temps que champion, face au combattant nippon Fujita. Mais j’ai finis par gagner.
Où t’a t-il frappé ?- A la tempe. Ce n’était même pas de la douleur, mais autre chose. Je n’ai même pas vraiment compris ce qu’il s’était passé.
Peux-tu lire la peur dans les yeux de ton adversaire quand ils te font face avant le combat ?- Je ne regarde jamais dans les yeux de mon adversaire
Pourquoi ?- Je sais pas. C’est juste comme ça… si je regardais, ça serait pareil.
Quel est le secret de ton invincibilité ?- Mon travail. Je m’entraîne toujours dur – lutte, boxe, course. Des exercices de préparation sans fin. Saut à la corde, barres de traction.
Tes adversaires non plus ne restent pas assis les bras croisés...- Je travaille avec ma tête. Tout ce que je fais est nécessaire. Tu ne peux pas te gaver pour finir sur les toilettes la moitié de la journée. Tu as besoin de manger d’une certaine façon pour que ton corps l’accepte de la meilleure des manières. C’est comme ça que je m’entraîne : le travail doit produire des resultats. D’autre part, je n’ai pas de problèmes avec la condition physique.
As-tu rencontré un combatant qui s’entraîne encore plus ?- C’est possible, les jeunes aujourd’hui s’entrainent encore plus dur. Mais le temps passé au gymnase n’est pas le plus important. Le plus important est la façon dont la personne utilise ses compétences et techniques.
A un certain points tu as arrêté d’inclure les poids dans ton entrainement. Pourquoi ?- C’était excessif. J’ai mes propres méthodes.
Quel combat te demande le plus de temps d’entrainement ?- La preparation pour chaque combat me prend environ 2 mois. A part pour Mirko Crocop, j’ai pris plus de temps. Je suis allé en Hollande pour étudier la boxe Thai. Pour ce combat, j’avais besoin de devenir un combattant plus universel dans un court laps de temps.
Mirko méritait vraiment une approche special ?- Définitivement ! Ce combattant était 2ème ou 3ème dans les classements mondiaux, et est apparu dans les finales du K1 GP.
Quelles sont ses forces ?- Il peut marteler avec son kick gauche si fort que n’importe qu’elle adversaire sera mis immédiatement ko. Sa boxe est aussi très bonne, et il se déplace très bien sur le ring. Mais le plus important était de trouver un antidote face à ses kicks.
Donc tu as appris la boxe Thai. As-tu étudié un autre art martial ?- La boxe classique. Tous les autres je les ai appris avant le combat contre Mirko.
L’entraineur de l’équipe de Basket du CSKA – Ettore Messina- a dit une fois “ J’avais réellement la peur de perdre, au point de l’éprouver physiquement – j’ai même perdu mon souffle… » As-tu expérimenté cette sensation ? - Non. Avant mon combat je ne pense pas du tout à la victoire ou à la défaite. Je monte juste sur le ring et j’essaye de dominer mon adversaire. Etre plus malin que lui.
Y a t-il eu des combats que tu as gagné par chance ? - Durant la coupe du Président à St Petersburg (vs Lindland). Au début du combat j’ai été coupe. Ca aurait été dommage de perdre à cause de ça, spécialement devant le président Poutine qui venait d’entrer dans l’arène. Mais tout s’est finalement bien passé.
Tu as gagné ?- Par soumission.
En Novembre à Prague Emelianenko est devenu champion du monde de sambo pour la 4ème fois. En fait il lui a fallu seulement une minute pour ça. Uzbeck Rustamov, après avoir appris qu’il allait rencontrer Fedor dans les quarts de finale, a déclaré forfait. Même chose pour l’Ukrainien Begeza. Seul le Bulgare Dimitrov, en demi-finale, n’a pas craint Fedor. Mais le combat n’a duré que 40s. Fedor ne cache pas sa surprise : « C’est la première fois que mes adversaires ont refusé de monter sur le tapis face à moi »
Tu pense que tes adversaires avaient peur de toi ?- Peur ? Non. Mais tout le monde me respecte.
Et c’est la réponse de l’homme dont les adversaires refusent de se présenter sur le ring…- Ils refusaient seulement de me combattre en combat sambo. Le niveau des combattants est bien plus bas qu’en mma. Et certains combattants d’autres pays, qui ne veulent pas être blessés, quittent parfois la compétition.
Par le passé, les adversaires de Karelin lui aurait demandé avant le combat : “stp, ne fait pas le reverse body lift” Certains t’ont fait des demandes similaires ? - Assez souvent. Ils demandent que je frappe moins fort à la tête.
Quelle est ta réaction ?- Si je vois que l’adversaire est effectivement plus faible, j’essaye de ne pas l’offenser.
Que veux-tu dire par “ne pas offenser”- Ne pas le blesser. Quand je combat en Russie, parfois des amis viennent à se rencontrer, et c’est comprehensible. Quand je combat à l’étranger, certains combattants inconnus viennent à ta rencontre et c’est déjà plus suspect. Tu penses qu’il essaye de t’avoir. Tu dois toujours être prudent.
On dirait que tu as eu une mauvaise experience.- La dernière fois il y a eu une situation désagréable face à un combattant Coréen dans la coupe du président. Il s’entraînait avec notre équipe, on lui a enseigné quelques trucs. Avant le combat il est allé voir mon entraîneur, a demandé que je ne le frappe pas très fort. Mais quand le combat a débuté, il a commencé à balancer ses bras dans le but très clair de me mettre Ko. Je ne vais pas mentir, c’était très désagreable. Mais je n’ai pas eu besoin de frapper ce Coréen à pleine puissance. J’ai juste fait un mouvement, l’ai retenu un instant. Puis j’ai collecté quelques points et finis le combat avant la fin du temps imparti.
As-tu déjà été brutalement en conflit avec quelqu’un, dans ta vie ?- Qui n’entre jamais en conflit ? Il y a bien eu une situation avec mon manager, qui a tenté de me rouler moi et mon frère. On en est même venu aux menaces. Et récemment j’avais partagé de l’argent avec l’un de mes entraineurs. Et il est apparu que c’était un escroc.
Qu’est ce qu’il a fait ?- Il a menti à de jeunes combattants. Pris un important pourcentage.
Ton bon ami, Mike Tyson, a presque détruit son manager, qui tentait de l’arnaquer.
- Je n’ai pas essayé de frapper le manageur, ni l’entraineur. Je veux juste faire sortir ces gens de ma vie dès que possible. Le manager a aussi menacé d’exclure mon jeune frère de l’équipe. Mais heureusement, ça ne dépendait pas de lui. Mon frère a gagné le championnat russe, qui a automatiquement assuré sa place dans le championnat européen
Tu as dit que Aleksander Emelianenko est le champion du monde de sambo et qu’il a plus de talents que toi. Tu exagérais ?- Pas du tout. Je ne suis pas un athlète génial contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent. Mon frère a un talent exceptionnel. Mais il lui manque une éthique d’entraînement. C’est pourquoi je suis plus haut dans les classements. Mon frère rentre et sort constamment du top 10.
Tu t’entraînes avec lui ?- Non. Nous vivons dans des villes différentes. Je suis à Stary Oskol ; et je voyage à travers le monde. Il est installé à Petersbourg. Nous nous voyons rarement.
Ils disent qu’Aleksander est même allé en prison ?- C’est vrai. Ils lui ont donné 5 ans, mais l’ont relaché avant. 3 ans et demi.
Il était là pour une affaire de vol ?- Il y a eu beaucoup d’épisodes. Je ne veux pas ramener le passé.
C’est une performance de perdre 3 ans et être capable de revenir sur le ring.- Non. Dans son cas c’est loin d’être une performance. Même si 3 ans ½ a vraiment interrompu sa progression en temps qu’athlète. Dans la vie sociale Aleksander est devenu différent. La prison a réellement laissé son empreinte. Sa vision de la vie a changé, et il semble, pas de la bonne façon.
Lui et toi êtes totalement different ?- Oui. Je suis sur que ces choses ne me seraient pas arrivées. Tandis qu’Aleksander se laissait porter par toutes ses aventures, je me tuais à l’entrainement. J’avais un but – atteindre quelque chose dans le sport.